C'était ma sortie du samedi soir.
Le Ruban blanc est un grand et beau film. Par l’image déjà. La photo y est magnifique et lumineuse. Elle accentue le décalage entre le paysage bucolique et le malaise suscité par l’intrigue. Et par la finesse, l'ambiguïté même, du sujet.
Un petit village, son église, son instituteur, son hobereau et ses ouvriers agricoles. Un ordre moral marqué par la toute puissance paternelle qui tombe comme un chape de plomb sur les enfants, toujours pris en faute, sans échappatoire aucun.
Et une série de violences inexpliquées…
Dans cette société du début du XXème, la violence physique est érigée en mode d'éducation, en moyen de sanction morale et de soumission. On a la voit exercée de façon abusive jusqu'à l'absurdité par l'indiscutable autorité paternelle.
Et c’est là qu'est le paradoxe : organisés en groupe, les enfants sont a la fois en rébellion contre le monde des adultes, et en même temps le plus fervent véhicule de leur système de valeurs. Un système où la quête de la pureté est centrale et qui me rappelle Michel Tournier dans Le Roi des Aulnes :

