On avait beaucoup écrit sur ce récit paru en 2002 que je viens de terminer. Rien à voir avec les confessions érotiques qui sortent à la pelle depuis 4 ou 5 ans. Il s’agit d’un essai sur les pratiques sexuelles de l’auteur, sur la mécanique de son corps, de réflexions sur le sens à donner à son plaisir. C’est cru ; on y va franchement. Une écriture appliquée et précise. Rien d’érotique dans la mesure le style n’est pas employé à susciter le désir chez le lecteur, mais à cerner des phénomènes du corps. C’est souvent intéressant, parfois hallucinant car cette femme est allée très loin. On rentre dans un univers peu décrit, celui du milieu partouzard et échangiste parisien des années 70-80 - un lecteur comme moi regrettera d’ailleurs que cet univers ne soit pas remis dans son contexte social et politique.
Récit de femme, il faut cependant faire la part des choses et distinguer entre ce qui relève de la sexualité propre de Catherine Millet et ce qui peut nous en apprendre sur le sexe féminin – Catherine M a une libido et une capacité physique au plaisir sexuel qui n’est pas le fait de tout individu. Elle aussi peu de surmoi, guère de pudeur, pas censure de la nudité ou de l’acte sexuel. La sexualité prend d’ailleurs une place centrale dans l’organisation de sa vie au quotidien.
En revanche, le livre a le mérite d’ouvrir des portes sur le fantasme féminin. Goût pour la chosification, conception brute de la masculinité, déconnection totale entre le désir physique et l’intimité affective avec un homme.
Je refermais le livre quelque peu perplexe...
