Un des grands intérêts de la culture des Etats-Unis, c’est la puissance de ses contre modèles et la façon dont ils sont exploités par la scène indépendante, celle qui évolue en dehors des grands canaux commerciaux. Il y a parfois rencontre entre les deux. Comme dans le cas de Barry Gifford, que vous connaissez : Sailor and Lula, Lost Highway, tous deux mis à l’écran par David Lynch.
American Falls, paru a la rentrée chez 13e Note Edition, compose une ensemble de nouvelles. Brèves anecdotes racontées par un narrateur détaché de son sujet. Aucune empathie ou rejet des personnages. L’objectivité froide. Plus long que les autres textes du recueil, Les Solitaires et les paumés est un récit noir, savamment construit autour de trois, quatre personnages, et peignant un univers très cohérent. On comprend l’attrait de Lynch pour cet auteur dont la lecture fait miroir aux courts-métrages du projet Interview que je citais plus haut.
Plusieurs nouvelles dépassent le cadre des Etats-Unis en nous emmenant en Tunisie (Le Carnet tunisien raconte le voyage d’études qu’y effectuèrent Macke, Klee et Moilliet), en Egypte (Le Palais jaune retrace les dernières années du roi Farouk) ; d’autres en Italie, etc.
Resterait à dire un mot des 13e Note Editions, apparemment spécialisée dans littérature contemporaine américaine, et dont le catalogue, bien que mince, excite ma curiosité.

